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Dédicace à mon amie Jacqueline Version imprimable Suggérer par mail

Dédicace à mon amie Jacqueline


A toutes les femmes du monde qui sont opprimées.

Nina s’en va le cœur léger,
Affronter tous les dangers,
Elle traverse la cour ensoleillée,
Et au détour se fait violer, par ses copains du lycée..

Irène regarde le ciel,
La lune est pleine et son coeur saigne
Elle sait très bien que ce soir
Son homme va encore cogner,

Pauline a juste quinze ans,
Elle ne sait pas si elle va le garder,
Comment dire à ses parents,
Que ce garçon, elle l’a aimé.
 
Urielle était si belle,
Que son père en a abusé,
Aujourd’hui c’est son procès,
Il regrette qu’elle soit née.

Tatiana vient de là bas,
On l’a vendue comme au marché,
Depuis, elle tapine dans le quartier
Son corps s’est refermé, son âme est exhibée.

Elisabeth n’a pas les clefs,
Et ne sait pas ce qu’il y a dans son porte monnaie,
Elle n’a pas le droit de demander
Sa requête est systématiquement refusée,
Elle vit dans la terreur,
De ne plus avoir a manger,
Elisabeth vit, dans sa prison dorée,
Elle sait qu’elle n’a pas droit à l’erreur,
La peur la ronge de l’intérieur.

Noamie est emprisonnée
Pour avoir volé au supermarché,
Trois ou quatre jouets,
Pour que Noël soit égayé,
Depuis qu’elle peut plus payer le loyer,
On veut lui prendre ses enfants,
Parce qu’on dit que ce n’est pas une bonne maman,                                               medium_TN_009.2.jpg

Isabelle vient de divorcer
Maintenant les enfants sont grands
Et elle leur a tout donné,
Quand parfois elle veut parler,
« Ils lui disent j’ai pas le temps »

Soraya affirmait sa liberté,
Le voile voulait lui être imposé,
Un jour on l’a trouvée,
Dans une poubelle immolée.
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Ouria ne voulait pas se marier
Pourtant à la fin des vacances d’été,
Au collège, en vain, on l’a attendue
De là bas elle n’est jamais revenue,
Et personne ne s’est étonné,
Qu’Ouria ne soit jamais rentrée.

Comme chaque année au bled
Les mariages sont organisés.

Ulma a un patron
Qui est vraiment c…
Il passe toute la journée,
A la mater, la peloter,
Ulma l’a giflé,
La porte il lui a montré.
Elle a repris sa dignité
Mais n’a plus de quoi respirer
Vers la justice s’en est tournée,
Y’a pas de preuves pour le faire payer.
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Maria est alitée, y’a plus personne qui vient la voir,
Trop vielle elle est hospitalisée,
Puis mise en maison médicalisée,
Tous les jours elle regarde Joséphine,
Son amie et sa voisine,
Et lorsque tous ses enfants viennent
Elle ravale les larmes de ses peines.

Ilona avait quatre ans
On l’a retrouvée dans le fossé,
Seule au milieu d’un champ,
Elle a rendu son dernier soupir
Sa petite robe déchirée.
C’est un trop beau jour pour mourir.

Sylvie a disparu
Qui sait ce qui a bien pu se passer,

Et vous et moi comment pouvons nous accepter cela ?

Claude Chatron-Colliet

 

.C.C.C. © 2006

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